mercredi 27 août 2008

Doniphan,on est à Maastriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiicht!

Pour ne rien vous cacher, les au revoirs ont été assez douloureux le jour du départ. Le pauvre Doniphan a été obligé d'assister à des scènes terriblement pathétiques. Mais il est poli, il n'a rien dit. Après les sanglots, les "je veux plus partir", place à l'allégresse du trajet (un tant soit peu forcée pour faire meilleure figure devant mon compagnon de route, histoire qu'il ne s'enfuie pas à toutes jambes). Au programme Scrabble de voyage (grâcieusement prêté pour l'occasion par Mamie Losa), Napolitains, curieux sandwich luxembourgeois contenant du céleri, contrôlage de billets à trois reprises dans le même train et apprentissage du langage belge.

Doniphan : "C'est drôle, les belges ils disent septante et nonante pour soixante-dix et quatre-vingt-dix. Et quatre-vingt, comment ils disent quatre-vingt?"
Moi : "Euh, je sais pas. Octante peut-être? Ce serait assez logique. Remarque, les belges ne sont pas logiques"
Doniphan au contrôleur belge: "Excusez-moi, comment dit-on quatre-vingt en belge?"
Le contrôleur belge : "Quatre-vingt, Monsieur... Vous êtes Français non?"
Et il est parti en nous regardant d'un oeil moqueur. Je ne vois vraiment pas pourquoi.

Puis la pression qui monte. Dans vingt minutes, on y est. Dix minutes.
"Doniphan, dans dix minutes on est à Maastriiiiiiiiiiiicht!"
Puis la gare. Le panneau. Le quai.
"Doniphan, on est à Maastriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiicht!"
Jimmy (our landlord) ne pourra pas venir nous chercher à la gare comme convenu, on vient de l'avoir au téléphone. Il me dit de chercher "the man who fixes things in the house, looking like sixty-five-years old, with white hair, a white beard and glasses". Ouai, un vieux lapin albinos quoi. Et nous voilà à la gare, à regarder avec insistance tous les vieux messieurs.

Moi : "C'est lui là, j'en suis sûre. Il est vieux, il a les cheveux et la barbe blanche, des lunettes et un bleu de travail tout taché".
Doniphan : "T'es sûre que c'est pas le fleuriste?"

Mais c'était bien notre homme. Nous le suivons. Il nous montre sa voiture. Problème, elle est à peine plus grande que nos valises!

Moi : "Doniphan, je t'avais dit de ne pas emmener toute ta panoplie de Winnie l'Ourson!"

Mais tout finit par rentrer. Direction Veldwezelt!

Préparatifs laborieux

Le moins que l'on puisse dire est que la recherche d'un logement a été difficile. Plus de trois mois de recherches infructueuses ont bien failli avoir raison de nos nerfs!

"Coucou Doni!Alors ça donne quoi de ton côté?
- Oh, rien de très concluant. Et toi?
- Ben moi j'ai postulé dans six logements différents aujourd'hui sur Kamernet. J'attends encore des réponses mais pour l'instant j'ai quatre réponses négatives et neuf mails m'informant que le logement est déjà pris.
- Moi j'ai toujours pas de nouvelles de Lena. Je crois qu'elle aussi a déjà trouvé preneur pour son appart'.
- Allez, on ne perd pas espoir. J'envoie un mail à Josta, elle aura peut-être quelques tuyaux pour nous aiguiller.
- Ok. Ben moi de mon côté je vais m'inscrire sur appartager.
- ça marche. Bon, ben, on se tient au courant?"

Voilà à quoi ont ressemblé nos conversations pendant plus de trois mois. A quelques petites variations près. Quelques fois avec un désespoir un peu plus perceptible. Et finalement, alors que des deux côtés le moral était au plus bas, à quelques jours du grand départ, Doniphan a trouvé deux chambres dans une maison d'étudiants, mais à la frontière belge! Mais n'ayant rien trouvé d'autre et n'étant pas très emballés par l'idée de trouver sur place (ce qui aurait été très difficile puisque nous n'avions pas même un pied à terre temporaire, la seule auberge de jeunesse affichant complet pour cette période), nous avons accepté l'offre. Les parents de Doniphan se sont rendus sur place pour signer le contrat. Nous étions prévenus, c'était moche et crade!

Parfois,il faut se faire violence et se jeter dans le vide

Cela faisait des années que j'en rêvais, j'ai croisé les doigts pour être sélectionnée par Jean-Mimi (Monsieur Gasser pour les intimes!), le responsable Erasmus, et depuis fin mai,c'est officiel, je vais passer un semestre à Maastricht. Les plus cyniques n'auront pas manqué de faire quelques plaisanteries sur le choix de cette destination, mais les plus censés auront bien entendu compris que tout l'intérêt de la ville réside dans son ouverture sur l'Europe. D'autant que pour avoir séjourné quelques jours aux Pays-Bas auparavant, je savais que le mode de vie néerlandais me correspondait assez bien. Et comme ma bonne étoile ne me quitte que rarement (du moins pour les aspects vraiment importants de ma vie quotidienne), le hasard a voulu que l'autre dossier retenu soit celui de Doniphan, un de mes bons copains de la fac. Si de prime abord cette nouvelle venait quelque peu contrarier mes projets de dépaysement total, plus le départ approchait, plus je bénissais le ciel de ne pas me laisser seule dans ce périple. Et s'il y a bien quelqu'un avec qui une cohabitation peut être des plus agréables, c'est Doniphan. Toujours de bonne humeur, et toujours des bras pour consoler. Exactement ce qu'il me fallait, à moi la grande godiche qui à 21 ans encore pleure de quitter sa famille (et son chat...hum hum)!